LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

UN TROU NOIR DÉCHIRE UNE ÉTOILE, L'ENGLOUTIT...ET S' ÉTOUFFE

En 2009, des astronomes détectent un puissant flash lumineux dont ils pensent tout d'abord qu'il s'agit d'une supernova, soit l'explosion d'une étoile. Mais au cours des années suivantes, ces chercheurs découvrent que ce flash lumineux a été produit par un trou noir ayant disloqué une étoile puis, ayant absorbé ses restes, en a éjecté une partie car étant de trop petite taille pour l'engloutir en totalité.

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Un trou noir qui engloutit une quantité de matière stellaire (c'est-à-dire de la matière issue d'une étoile) trop importante pour sa taille, au point "d'étouffer" et d'expulser finalement ce surplus de matière dans un grand flash lumineux ? C'est bel et bien l'évènement rarement observable auquel ont assisté des astronomes de l'observatoire McDonald (États-Unis). Une conclusion à laquelle ils sont parvenus après plusieurs années d'analyse du phénomène, dont ils pensaient qu'il s'agissait à l'origine d'une supernova (explosion d'une étoile).
Tout commence au début de l'année 2009, lorsque les astronomes de l'observatoire Mc Donald, qui travaillent pour le ROTSE Supernova Verification Project (SNVP), un projet de détection de supernovae, identifie une nouvelle source lumineuse très intense. D'emblée, les chercheurs en sont convaincus : il s'agit d'une supernova ultralumineuse, dont la luminosité peut être une centaine de fois supérieure à celle d'une supernova normale.
Pourtant, en effectuant des analyses plus poussées de l'évènement au cours des années suivantes, notamment grâce aux relevés effectués par le télescope spatial Swift, ces chercheurs s'aperçoivent que l'évènement ne cadre pas avec les caractéristiques d'une supernova ultralumineuse.
Dès lors, il devient clair pour cette équipe d'astronomes qu'il s'agit d'un autre phénomène, rarement observé : la dislocation d'une étoile par un trou noir sous l'effet des forces de marées exercées par le trou noir (en gros, cela signifie que la partie de l'étoile la plus proche est attirée par le trou noir plus fortement que la partie la plus éloignée du trou noir, ce qui a pour effet de l'étirer comme un spaguetti, et in fine de la disloquer), suivie d'une ingestion des résidus de l'étoile par le trou noir... et d'un rejet d'une partie de ces restes stellaires à l'extérieur du trou noir. Une expulsion à l'origine d'un puissant flash lumineux, soit précisément celui détecté en 2009 par les astronomes de l'observatoire Mc Donald.
Comment se fait-il qu'un trou noir, ces mystérieux objets réputés pour engloutir goulûment tout ce qui passe à proximité d'eux, ne puisse pas ingérer la totalité d'une étoile, au point d'en rejeter une partie ? Car les trous noirs sont soumis à ce que les astronomes appelent la "limite d'Edington", une limite de luminosité posant que, si un tel trou noir devient trop brillant, le flux de radiations émis par son disque d’accrétion (c'est-à-dire le disque de matière situé autour du trou noir) exerce alors une pression sur le gaz chutant vers le trou noir, ce qui a pour effet de contrecarrer cette chute.
Ces travaux sont été publiés dans l'édition de janvier 2015 de la revue The Astrophysical Journal, sous le titre "A LUMINOUS, FAST RISING UV-TRANSIENT DISCOVERED BY ROTSE: A TIDAL DISRUPTION EVENT?"
SOURCE : Le Journal de la Science


16/02/2015
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