LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

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NATACHA POLONY : "ENCORE UN COUP DES XÉNOPHOBES !"

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Article publié sur Le Figaro Vox par Natacha Polony le 24 juin 2016

LA CHRONIQUE DE NATACHA POLONY – Le vote pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’est pas un signe de xénophobie. Le commencement d’une construction de l’Europe des peuples et des nations serait la traduction politique d’une grande civilisation.
Ils sont de retour. Les xénophobes, les racistes, ceux qui avaient accompagné le résultat du 29 mai 2005. Ceux qui courent à longueur d’éditoriaux ou de discours, sous la plume de Bernard-Henri Lévy ou de Franz-Olivier Giesbert, dans la voix de Jacques Attali ou de Pascal Lamy. Le peuple a voté, qu’il soit britannique aujourd’hui ou français hier, il a mal voté, il est donc xénophobe. Raciste, même. Voter pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, c’est militer pour la hiérarchie entre les races.
Voilà déjà longtemps que les tenants de la « seule politique possible » usent de ces notions de racisme et de xénophobie – user étant bien le terme – pour éviter de débattre de la nature et des motivations de leurs choix économiques et politiques. Évidemment, on aurait des raisons non négligeables de soupçonner une entourloupe idéologique, particulièrement de la part de gens qui nous expliquaient il y a peu que la Grande-Bretagne était un modèle de prospérité économique dont nous ferions bien – paresseux et réactionnaires que nous sommes – de nous inspirer, et qui affirment aujourd’hui avec gravité que le vote pro-Brexit n’est qu’une réponse un peu trop éruptive d’une classe ouvrière déboussolée par la crise. Et l’on connaît la suite: qui dit crise, dit besoin de boucs émissaires, dit flambée raciste contre les immigrés…
Qu’il existe dans tous les pays d’Europe (comme dans toute l’humanité, faut-il  le  rappeler ?) des racistes rêvant de préserver une supposée pureté, personne ne le niera. Mais voter contre l’Union européenne est-il une marque de xénophobie ? Et, question corollaire, voter pour l’Union européenne relève-t-il de l’amour de l’Autre et, plus largement, de l’adhésion à une citoyenneté européenne? Et d’ailleurs, citoyenneté ou identité ?
Ceux qui nous vendent aujourd’hui une Union européenne essentiellement occupée à organiser la libre circulation des profits vers le paradis fiscal luxembourgeois et la libre circulation des travailleurs détachés vers des lieux où les protections sociales sont scandaleusement garanties vont-ils nous expliquer enfin quelle est leur définition de l’Europe ? De fait, on n’en trouve pas trace dans les traités précédemment signés...........................................
Mais la vérité, c’est que la globalisation, unique programme de l’Union européenne, déteste les différences et s’accommode mal de l’esprit des peuples et de l’histoire des nations. Alors, remercions les Anglais qui, une fois de plus, nous ont rappelés aux devoirs des grands pays. « Ce n’est pas la fin, disait Churchill en 1942, ni même le commencement de la fin, mais c’est peut-être la fin du commencement. » Le commencement d’une construction de l’Europe des peuples et des nations, traduction politique d’une grande civilisation.

 

 

 


26/06/2016
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