LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

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JACQUELINE SAUVAGE : LE VERDICT QUI NE PASSE PAS

DEPUIS LA CONDAMNATION DE JACQUELINE SAUVAGE À DIX ANS DE PRISON POUR AVOIR TUÉ SON MARI VIOLENT, UN MOUVEMENT DE SOUTIEN D'UNE RARE AMPLEUR S'ORGANISE.

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A l'énoncé du verdict, Fabienne n'a pas pu retenir ses larmes. Et a mis de longues minutes avant de parvenir à lâcher les mains de sa mère à travers le box des accusés. Le 4 décembre, Jacqueline Sauvage, 66 ans, a été condamnée en appel à dix ans de prison par la cour d'assises du Loir-et-Cher.
Après quarante-sept ans d'un enfer conjugal fait de coups et d'abus sexuels, elle avait, en 2012, tiré trois coups de fusil dans le dos de son mari. Qui était aussi un père incestueux : lors des débats, Fabienne et ses deux soeurs ont affirmé avoir été violées et battues comme l'était leur mère.
Trois semaines après cette décision de justice, jugée très sévère par de nombreux observateurs, une considérable vague de soutien continue de déferler.
Dans les jours qui ont suivi la condamnation, une pétition a ainsi été diffusée sur le site Change pour réclamer une grâce présidentielle.
Mi-décembre, elle comptait déjà plus de 120 000 signatures.
En parallèle, l'association féministe Les Dé-Chaînées a lancé une collecte sur Internet pour améliorer le quotidien de la condamnée en prison.
Là aussi, les chiffres impressionnent : 10 000 euros ont déjà été versés à Jacqueline. Des rassemblements de soutien ont, dans le même temps, eu lieu à Paris et Clermont-Ferrand. Avec un mot d'ordre : "Libérez Jacqueline !"
Une mobilisation exceptionnelle que Les Dé-Chaînées expliquent par la sévérité du verdict : "Ce procès illustre ce qui arrive aux femmes qui osent sortir les couteaux et répondre à la violence des hommes. Il montre également une justice toujours prompte à blâmer les victimes de violences conjugales (...) sans prendre en compte les mécanismes de traumas et d'emprise.
" Janine Bonaggiunta et Nathalie Tomasini, les avocates de Jacqueline Sauvage, vont encore plus loin : "Ce verdict a profondément choqué,non seulement les femmes qui ont elles-mêmes subi des violences conjugales, mais toutes les femmes de la société, en tout cas une majorité.
Les jurés n'ont pas compris que Mme Sauvage n'avait pas besoin d'un emprisonnement mais d'un suivi psychologique et psychiatrique.
Et surtout de l'entourage de ses enfants et de ses petits-enfants." Outre la libération conditionnelle anticipée de leur cliente, elles réclament désormais une "redéfinition de la légitime défense, pour qu'elle prenne en compte l'état posttraumatiquedes femmes victimes de violences conjugales, à l'image de ce qui se fait au Canada".
En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon. Et, chaque année, plus de 200 000 d'entre elles seraient victimes de violences conjugales. Mais moins d'une sur trois le signale à la police ou la gendarmerie.

 

SOURCE : GRAZIA 24.12.2015



23/01/2016
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