LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

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TANZANIE : CERTAINS AUSTRALOPITHÈQUES ÉTAIENT BARAQUÉS

Une seconde piste d'australopithèques a été découverte sur le site mythique de Laetoli, en Tanzanie. Ces empreintes auraient été laissées par deux cousins de Lucy possiblement un mâle, une femelle. L'un des deux est l'australopithèque le plus costaud jamais découvert.

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C’était un géant pour son espèce. L’australopithèque le plus costaud jamais découvert dans la famille de Lucy l’Australopithecus afarensis chaussait du 42 avec ses pieds de 27 cm! Et il pouvait manger la soupe sur la tête de ses congénères, "puisqu’il les dépassait tous au minimum d’une bonne vingtaine de centimètres, avec ses 1,m 65 pour 44 à 48 kg". Sans parler de Lucy, qui frôlait à peine les 1,06 m et fait désormais figure de naine de la famille. Telles sont les conclusions des chercheurs italiens et éthiopiens qui ont analysé les  empreintes que cet hominidé a laissé il y a 3,66 millions d’années sur le site de Laetoli, en Tanzanie aux côtés de celles d'un individu plus petit.
Elles se trouvaient à 150 mètres à peine de l’endroit où la célèbre paléontologue britannique Mary Leakey avait déjà exhumé, il y a 40 ans, une première série d’empreintes, appartenant à trois A. afarensis de taille différente. "Les nouvelles traces ont probablement été laissées par des individus du même groupe", estime Fidelis Masao, de l’université Daar es Salaam, en Tanzanie premier signataire de l’étude. Les deux séries d’empreintes appartiennent à des individus marchant dans la même direction, vers le nord-ouest, et ont été découvertes dans la même couche de tuf datée de 3,66 millions d’années. Du coup, les chercheurs imaginent un clan d’hominidés fuyant une éruption du volcan Sadiman (aujourd'hui éteint), tout comme des dizaines d’autres animaux dont on a retrouvé les pas. La cendre, mêlée à de l’eau, a formé une sorte de ciment, avant d’être recouverte par d’autres couches de cendres.

Surnommé Chewie en hommage à Chewbacca de "Star Wars"

La nouvelle piste, découverte à l’occasion de travaux visant à la création d’un musée et à la préservation du site, fait 32 mètres de long et comporte 12 traces de pas du grand gaillard, surnommé Chewie, (en référence à Chewbacca, le gigantesque personnage velu de la saga Star Wars) mais aussi une empreinte d’un individu plus petit, mesurant 1,46 m pour 39 kg, (voir ci-dessus). Pour parvenir à ces estimations, les chercheurs ont utilisé des modèles qui analysent notamment la profondeur des empreintes et la forme des pieds, comparée avec ceux d'autres ossements exhumés dans la région. La famille des Australopithecus afarensis est réputée avoir vécu entre -3,8 millions d'années et -3,2 millions d'années dans ce qui forme aujourd'hui l'Éthiopie et la Tanzanie, en Afrique de l'Est.
Les trois premiers australopithèques analysés par Mary Leakey dans les années 1970  mesurent, eux, entre 1,10 et 1,45 m et pèsent entre 20 et 35 kg.  Au total, ce sont donc cinq individus de taille différente dont disposent désormais les scientifiques sur ce site situé non loin du lac Turkana. Conclusions ? "Il existait chez les hominidés des variations de taille plus importantes qu’on ne le pensait", souligne Marco Cherin, de l’université de Pérouse, en Italie, cosignataire de l'article. Ce qui bouscule une idée selon laquelle la corpulence des hominidés s’est développée plus tardivement, au moment de l’accroissement du cerveau, il y a 2,5 millions d’années. Pour les chercheurs, les plus grandes empreintes auraient pu être laissées par des mâles, les plus petites par des femelles ou des juvéniles. Ce qui leur fait penser que "ces australopithèques avaient une structure sociale similaire à celles des gorilles où un mâle dominant — le dos argenté — règne sur un harem de femelles plus petites".

 

SOURCE : SCIENCES ET AVENIR 21.12.2016

 



23/12/2016
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