LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

MENTEUR, SOCIOPATHE, ÉGOCENTRIQUE...LE BIOGRAPHE DE TRUMP RÉTABLIT LA VÉRITÉ

Celui qui a contribué à façonner le "mythe Trump" du self-made-man devenu milliardaire (et bientôt président ?) entend prévenir les électeurs sur le vrai visage du candidat républicain.

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J'aime penser grand. Je l'ai toujours fait. Pour moi, c'est très simple : tu vas penser de toute façon, donc autant penser grand." C'est ainsi que Donald Trump façonne son "mythe" à la fin des années 1980.
Dans son livre "Trump, l'art de la négociation", celui qui n'est alors que businessman incarne le rêve américain du self-made-man capable de vendre n'importe quoi à n'importe qui, pour peu que cela rapporte. Le livre, à mi-chemin entre l'hagiographie de Trump et le manuel de motivation, est un immense best-seller.
Sauf qu'aujourd'hui, alors que Donald Trump est formellement investi par le parti républicain pour l'élection présidentielle américaine, le mythe s'effrite. Le nègre derrière "L'art de la négociation", le journaliste Tony Schwartz, vient écorner l'image du milliardaire.
"J'ai mis du rouge à lèvres à un cochon", tranche Tony Schwartz, interrogé par le "New Yorker".

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Tout, ou presque, dans le livre a été largement romancé. Et le journaliste "regrette profondément" d'avoir contribué à façonner le succès du magnat de l'immobilier. "J'ai de profonds remords d'avoir contribué à faire de Trump quelqu'un de plus attirant qu'il ne l'est réellement, et à lui avoir donné un public élargi."

Trump, le sociopathe

"Je pense sincèrement que si Trump gagne [l'élection présidentielle] et obtient les codes nucléaires, il y a de très grandes chances que cela entraîne la fin de notre civilisation", renchérit Tony Schwartz.
Exagéré ? Pas pour le journaliste, qui explique que cela n'a rien à voir avec l'idéologie républicaine, pour la simple et bonne raison que Donald Trump n'en a pas. "Le problème, c'est sa personnalité, que [Tony] Schwartz considère comme pathologiquement impulsive, égocentrique [et] obsédée par la publicité", résume le "New Yorker".
Si le journaliste devait à nouveau écrire "L'art de la négociation" et être totalement honnête, il dit qu'il l'appellerait "Le Sociopathe" :
"Les millions de personnes qui ont voté pour lui et croient qu'il représente leurs intérêts apprendront ce que tous ceux qui ont vraiment eu affaire à lui savent déjà : il se fiche complètement d'eux. [...] Tout ce qu'il veut, c'est la reconnaissance extérieure."
Et Tony Schwartz d'enfoncer le clou : "Il est impossible de le faire se concentrer pendant plus de quelques minutes sur un sujet qui ne concerne pas son auto-glorification." Le journaliste raconte comment Donald Trump se comportait "comme un gamin de maternelle qui ne peut pas rester tranquille" lors de la rédaction du livre. "S'il devait être briefé dans la 'situation room' [la salle de crise de la Maison Blanche], je ne l'imagine pas rester concentré très longtemps."

Trump, le menteur

Au-delà de son égocentrisme, le candidat républicain serait un menteur pathologique :
"Il a, plus que n'importe quelle autre personne que j'ai connue, cette capacité à se convaincre lui-même que tout ce qu'il dit est vrai, ou à moitié vrai, ou, au moins, devrait être vrai", appuie Tony Schwartz.
"Il ment de manière stratégique", poursuit-il. "Il en est complètement conscient. Et, [lorsqu'il se voit confronté à la réalité], Trump va se répéter et devenir agressif." Une technique que le journaliste qualifie d'"hyperbole de croyances", c'est-à-dire une manière de dire "Ok, c'est un mensonge, mais qui s'en soucie ?"
Pour "L'art de la négociation", Donald Trump a passé sous silence de nombreux éléments, pourtant essentiels à une biographie, comme son lieu de naissance, ses méthodes pour écarter un partenaire financier ou le fait que c'est son père, Fred Trump, qui a lancé Donald en affaires (la légende du self-made-man en prend un coup).
Interrogé par le "New Yorker", Donald Trump réfute les accusations du journaliste, jugeant Tony Schwartz "très déloyal". Avant de rappeler qu'il n'est que "coauteur", et que c'est bien lui qui "a écrit le livre".
Version démentie par la maison d'édition, qui affirme au magazine que "Trump n'a pas écrit une ligne". D'accord, "mais qui s'en soucie ?" Pas les républicains.

 

SOURCE : L'OBS 19.07.2016



19/07/2016
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