LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES MONTRES SUISSES ET LA POLITIQUE FRANÇAISE

La montre suisse de François Fillon pourrait surgir dans la campagne

Loin des grandes marques horlogères traditionnelles, le candidat de la droite à la présidentielle française, François Fillon, semble très attaché à sa Rebellion Predator. Or, les hommes politiques français passionnés de montres suisses ont régulièrement été attaqués ces dernières années sur ces objets de luxe.

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Il y a bien évidemment eu la Rolex de Nicolas Sarkozy, qui avait cristallisé les critiques de ses adversaires politiques sur son goût du luxe. Une polémique relancée par la tirade restée célèbre de Jacques Séguéla «Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, on a raté sa vie». Cependant, contrairement à ce qu'affirmait le publicitaire lors de cette même interview, posséder ou acquérir une montre de luxe n'est pas seulement «une erreur journalistique» en France, Julien Dray peut en témoigner.
Le député socialiste, passionné d'horlogerie (et petit-fils d'un horloger), avait été entendu par la brigade financière en novembre 1999 suite à l'achat d'une Patek Philippe pour 250'000 francs français de l'époque (soit 38'000€), dont 150'000 francs en liquide. Dans sa collection privée figureraient également un chronographe Patek Philippe, une Richard Mille, une FP Journe et plusieurs Rolex.
Et les élus de gauche en France ont souvent été dans le collimateur des médias et des pourfendeurs du luxe. Cambriolé en octobre 2012, le ministre du budget Jérôme Cahuzac (qui n'avait pas encore chuté pour ses comptes à l'étranger et sa fraude fiscale) avait déclaré le vol de huit montres parmi lesquelles des Rolex, Breitling, Jaeger-LeCoultre, Chaumet ou encore Boucheron.
Un préjudice estimé par la victime à 100'000€, mais rapidement jugé sous-estimé par certains experts horlogers qui voyaient là une manière de minimiser ce capital alors même que le budget était en plein débat au parlement et que des efforts allaient être demandés aux Français.
Son collègue ministre de l'économie de l'époque, Pierre Moscovici, est également un passionné de mécaniques horlogères suisses: «Ma première jolie montre fut une Rolex Oyster, offerte par ma mère à l’occasion de mon diplôme de Sciences Po en 1980», confessait-il dès 2004 dans une interview au Meilleur des Montres (reproduit ici sur Business Montres), supplément horloger de l’Express, avant de préciser qu'il portait à ce moment-là une «Blancpain avec phases de lune» et avant dans l'idée d'acquérir «une Patek Philippe».

La Baume & Mercier de Valls contre la Rebellion de Fillon?

Pour Gregory Pons, auteur de l'interview du Meilleur des Montres, cité par Challenges en 2012, d'autres figures marquantes du Parti socialiste français avaient un goût marqué pour les belles mécaniques: Dominique Strauss Kahn détenait des Rolex, Patek Philippe et Cartier, tandis que l'ancien Premier ministre Lionel Jospin avait à son poignet une Jaeger-LeCoultre Reverso.
Un peu plus modeste, Manuel Valls aurait une mécanique Baume & Mercier (estimée à 1490€). Une montre un peu plus chère que celles de Jean-Luc Mélenchon (une Seiko 5 estimée à 799€), Arnaud Montebourg (une Tissot Tradition Perpetual Calendar estimée à 360€) et surtout François Hollande (une Swatch Appia YWS401 estimée autour de 100€). A droite, Jean-François Copé a longtemps porté une IWC.
Mais alors que Manuel Valls vient d'annoncer sa candidature à la présidentielle et devra passer par la primaire du PS, le vainqueur de la primaire des Républicains l'attend de pied ferme... et sa montre au poignet: François Fillon arbore une mécanique bien plus onéreuse, une Rebellion Predator. Basée à Lonay, près de Morges, la marque Rebellion Timepieces a associé son image au monde de la compétition automobile et a même une écurie d'endurance à son nom, Rebellion Racing. Cette dernière a réussi à attirer des noms prestigieux pour piloter ses bolides, comme Nick Heidfeld, Nelson Piquet Jr ou Nicolas Prost. Elle a notamment bien figuré aux 24 Heures du Mans, gagnant la course du Petit Le Mans en 2013 et se hissant au 4e rang de la catégorie phare en 2014.

Une réserve de marche de 48 heures

Or, cette course phare de l'endurance est organisée par l'Automobile Club de l'Ouest, dont le président n'est autre que Pierre Fillon, frère du candidat à la présidentielle. Dans la famille, la course automobile est une passion partagée et l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a longtemps piloté des bolides sur circuits et avouait en 2013 à SportAuto avoir «assisté à toutes les éditions des 24 Heures du Mans depuis quasiment 40 ans». Et en 2014, l'ancien président du conseil général de la Sarthe et désormais député de Paris avait passé du temps dans les paddocks de Rebellion Racing juste avant le départ.
Une passion commune entre le candidat français et la marque horlogère suisse qui a peut-être poussé le premier à opter pour un chronographe. Ce modèle avec son cadran en nid d'abeille, sa glace saphir au dos et sa réserve de marche de 48 heures est issue de la gamme phare de la jeune marque horlogère vaudoise qui vient de lancer quelques nouveaux modèles (dont la T-1000 Gotham au design proche des mécaniques automobiles). Ce modèle est généralement vendu autour de 16'000€ en France, mais il semblerait que cette pièce horlogère lui ait été offerte par la marque vaudoise à l'occasion de son passage dans les paddocks du Mans, comme le glisse le toujours bien informé Gregory Pons sur le site d'Atlantico.
Cependant, la Rebellion Predator n'est pas le premier coup de coeur du candidat pour une montre suisse. Deux autres mécaniques helvétiques au moins lui sont connues: une Scuderia Ventidue d'Instruments et Mesures du Temps (valeur: 15'000€) et une El Primero Stratos Flyback de Zenith (valeur: 6000€), comme le rappelait le magazine people Gala.

Manoir et montres comme signes de richesse

Si le vainqueur de la primaire de la droite et du centre n'a pas dépensé autant dans ce domaine que Julien Dray en son temps, l'approche de la campagne pourrait mettre un coup de projecteur sur ces mécaniques. Pour Challenges, Gregory Pons affirmait que «le sujet montre+politique est devenu très médiatiquement incorrect». L'affaire de la Rolex de Nicolas Sarkozy va forcément resurgir au cours de la campagne et si son ancien Premier ministre est certes moins «bling-bling» que l'ancien président, ses adversaires pourraient bien l'attaquer sur ce point, l'un des signes ostensibles de richesse du candidat avec son manoir de Beaucé (qu'il estime à 650'000€ dans sa déclaration fiscale, en tenant sans doute compte des coûts de l'entretien très élevés).
Alors même que son programme prévoit d'importantes coupes dans les budgets et une baisse des effectifs des collaborateurs de l'Etat, ses adversaires vont sans aucun doute tenter de frapper le candidat de droite sur la différence entre les efforts financiers qu'il va demander à de nombreuses catégories de Français et son propre train de vie, qualifié de châtelain, notamment depuis un reportage photo paru dans Paris Match en 2013.

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Avec la déclaration de candidature de Manuel Valls, les principaux ténors de la campagne sont désormais connus: de l'extrême-droite (Marine Le Pen) à la gauche radicale (Jean-Luc Mélenchon) en passant par les électrons libres comme Emmanuel Macron, le candidat écologiste (Yannick Jadot) et les candidats à la primaire du PS (Manuel Valls, Arnaud Montebourg,...). Le temps est compté avant les premières attaques frontales par médias interposés. François Fillon peut entamer le compte à rebours sur son chronographe...

SOURCE : BILAN 06.12.2016

 



06/12/2016
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