LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES ALLEMANDS SE MÉFIENT DÉJÀ DE MACRON

Emmanuel Macron et Angela Merkel veulent une feuille de route pour relancer l'UE. Mais les Allemands restent rigides sur le plan proposé par Paris.

 

L’enthousiasme des Allemands après la victoire d’Emmanuel Macron contre Marine Le Pen aura été de courte durée.

 

A peine le nouveau président français a-t-il été élu qu’une partie de la classe politique s’est très rapidement braquée contre ses projets de refonte de l’Europe.

 

«Emmanuel Macron sauve l’Europe. L’Allemagne devra payer», a résumé cette semaine l’influent magazine Der Spiegel pour décrire l’opinion.

 

Lundi soir, la rencontre entre Emmanuel Macron et Angela Merkel à la chancellerie de Berlin se voulait surtout symbolique.

 

Angela Merkel a promis d’établir une «feuille de route» pour relancer l’Union européenne et la zone euro. «Je serai toujours un partenaire franc, direct et constructif», lui a répondu Emmanuel Macron, un jour après sa prise de fonction.

 

Mais la refonte de l’Europe prônée dimanche dans le discours d’investiture du président français devrait se heurter à des résistances dans le camp conservateur, avec lequel Macron devrait négocier après les élections fédérales du 24 septembre.

 

Le Parti chrétien-démocrate (CDU) d’Angela Merkel est en effet bien parti pour gagner le scrutin. Or, la droite allemande craint que cette nouvelle dynamique dans la relation franco-allemande ne coûte cher aux contribuables et qu’elle aboutisse à un nouveau transfert de souveraineté.

 

Berlin est formellement opposé aux «Euro-bonds» qui obligeraient l’Allemagne à se porter garante de dettes contractées par d’autres pays de la zone euro.

 

Sur ce point, les Allemands resteront intraitables. Emmanuel Macron a voulu rassurer lundi en précisant qu’il n’était pas favorable à cette forme de mutualisation de la dette.

 

Angela Merkel n’a pas exclu un changement de traité européen, comme l’a proposé Macron. Mais cette éventualité devrait buter sur des résistances en Allemagne.

 

«Cela suppose l’unanimité des 27 Etats membres.

 

Beaucoup de pays, dont la France sans doute, devraient organiser un référendum. Ce n’est pas réaliste», a dit Wolfgang Schäuble dans un entretien donné au Figaro.

 

Le ministre conservateur des Finances de Merkel rejette également l’idée de réduire les excédents commerciaux allemands par une relance des investissements.

 

«On ne résoudra pas les problèmes de la zone euro en affaiblissant l’Allemagne», prévient-il. Quoi qu’il arrive, Emmanuel Macron devra attendre l’issue des élections fédérales pour engager des négociations avec les Allemands.

 

En pleine campagne électorale, Angela Merkel ne fera aucune proposition pour l’Europe susceptible de déplaire aux électeurs.

 

SOURCE : LA TRIBUNE DE GENÈVE 15.05.2017

 



16/05/2017
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