LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LA POLLUTION DANS LE MÉTRO DE PARIS COMPARABLE À CELLE DES TUNNELS ROUTIERS

Sur les quais des RER ou du métro, l’exposition aux particules fines est très supérieure aux normes appliquées en extérieur, alerte l'association Airparif.

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Laisser sa voiture et prendre le métro, la solution 100 % efficace pour se protéger des particules fines ? L'on pourrait le croire, tant les politiques publiques incriminent majoritairement les véhicules personnels dans la pollution atmosphérique. Sauf que la réalité est plus complexe : à Paris, le réseau souterrain rejette aussi son lot de particules fines, à des niveaux comparables à ceux... des tunnels routiers ! C'est l'un des constats sur la qualité de l'air mesuré à la station Saint-Michel-Notre-Dame, publiés le 12 janvier 2017 par le réseau de surveillance Airparif.

Un niveau de particules fines souterraines plus élevé que le seuil d'alerte en extérieur

Depuis septembre 2016, et ce pendant deux ans, Airparif mesure la qualité de l'air dans deux gares aux typologies très différentes : Saint-Michel-Notre-Dame, sur le quai du RER C, et Magenta, sur le Quai du RER E. De plus, une vingtaine d'autres gares RER - soit souterraines, soit à la fois aériennes et souterraines - sont suivies, mais sur des durées plus restreintes, de l'ordre de trois semaines . "La qualité de l’air varie d’une gare à l’autre : selon leur fréquentation leur profondeur et ventilation, en fonction du matériel roulant et des fréquences de circulation, en fonction de l’ancienneté de la gare (certaines étant très récentes alors que d’autres ont été construites il y a plus d'un siècle et remaniées dans les années 60 et 70) et avec des gares qui ne sont pas toutes uniquement souterraines", explique Airparif. L'association mesure spécifiquement les particules et les composés métalliques émis par l’exploitation ferroviaire : particules fines (PM 10 et PM 2,5), oxydes d'azote (Nox) et benzène.
Selon les premiers résultats, dans la gare de Saint-Michel-Notre-Dame, les Nox et le benzène sont présents en plus faible quantité qu'en surface. "Les niveaux en dioxyde d’azote (NO2), majoritairement émis par le trafic routier, sont moins élevés et traduisent l’influence de l’air extérieur sur l’air à l’intérieur des gares", précise Airparif. Toutefois, le niveau de particules fines, en particulier les PM10, s'avère préoccupant, et ce particulièrement aux heures de pointe : il peut atteindre 200 microgrammes par mètre cube d'air entre 19 et 20 heures en semaine ! Des résultats "comparables à ce qui peut être enregistré dans des tunnels routiers", alerte l'association. Le reste du temps, les PM10 oscillent la semaine entre 90 et 120 microgrammes par mètre cube dans l'air inspiré par les usagers, avec une petite baisse le week-end, de l'ordre de 80 microgrammes (voir le graphique ci-dessous). 80 microgrammes, c'est justement le seuil d'alerte aux particules PM 10 en extérieur...

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Un bilan attendu pour 2018

Outre le RER, le réseau du métro est lui aussi impacté par la pollution aux particules fines. En décembre 2008, Airparif avait mené des tests à la station Faidherbe, en comparant les teneurs en polluants des quais et de la rue au-dessus. En sous-sol, les PM10 plafonnaient en moyenne à 60 microgrammes par mètre cube d'air en sous-sol, contre à peine 25 microgrammes à l'extérieur. "En règle générale, les études menées dans les enceintes du métro ou du RER montrent que les niveaux d'empoussièrement sont liés aux particules produites par la circulation des rames dans un espace fermé. Cette situation est d’autant plus marquée que la station est souterraine et très fréquentée", précise Airparif. Les résultats des différentes campagnes seront publiés au fur et à mesure de la réalisation des campagnes sur le site de l'association. Quant au rapport final, comprenant l’ensemble des gares, il devrait être disponible fin 2018. En attendant, vous pouvez toujours consulter le classement indicatif d'Airparif illustrant l'exposition aux différents polluants selon le mode de transport choisi (voir schéma ci-dessous).

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SOURCE : SCIENCES ET AVENIR 22.01.2017



22/01/2017
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