LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

ÉVASION FISCALE DES ENTREPRISES US : + 256% EN 6 ANS

Pour échapper à l’impôt, les entreprises américaines ont stocké entre 1.000 et 3.000 milliards de dollars à l’étranger. Donald Trump espère les rapatrier, mais ces milliards ont peu de chances d’être réinvestis en créations d’emplois.

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Les estimations varient, mais pas l'unité de mesure. Ce sont des « trillions », autrement dit des milliers de milliards de dollars, que les entreprises américaines stockent à l'étranger depuis des années pour échapper à l'impôt. Ce magot ­conservé hors des Etats-Unis, sous forme de trésorerie en Europe, en Asie, ou dans des paradis fiscaux, pèserait entre 1.000 et 3.000 milliards de dollars, selon les sources.

Contrairement aux règles en vigueur dans la plupart des pays industrialisés, les Etats-Unis taxent en effet les entreprises américaines sur leurs bénéfices mondiaux. Mais l'impôt ne s'applique que lorsque l'argent gagné à l'étranger revient - il est alors soumis à l'impôt américain sur les sociétés qui, à 35 %, est l'un des plus élevés du monde. Les multinationales comme Apple, Microsoft, General Electic ou Pfizer ont ainsi choisi depuis plusieurs années de thésauriser leurs milliards hors des Etats-Unis, souvent en le plaçant en bons d'Etat. Ce trésor croît si vite qu'il a doublé depuis 2008, selon le cabinet Audit Analytics, pour dépasser les 2.400 milliards de dollars, soit l'équivalent de 13 % du PIB américain.

Un impôt de 10 %

Ce magot, que les autorités américaines convoitent depuis des années, intéresse aussi Donald Trump. « On parle de 2.500 milliards de dollars à l'étranger, moi je pense que c'est plus ! » avait-il lancé avec gourmandise dès l'automne 2015, expliquant ne pas pouvoir ramener ses propres « millions » stockés à l'étranger. Sa solution ? Appliquer un impôt au taux unique de 10 % sur ces sommes pour inciter les entreprises à les rapatrier et à les réinvestir aux Etats-Unis. En parallèle, l'impôt sur les sociétés serait ramené à 15 %.

Donald Trump n'est évidemment pas le premier à tenter de mettre la main sur cet argent qui dort. Début 2015, Barack Obama, en quête de ressources pour financer son plan d'infrastructures, avait lui aussi proposé de taxer ces sommes à 14 %, mais il n'avait pas obtenu le compromis nécessaire au Congrès - le taux était alors jugé trop élevé par les républicains et les chefs d'entreprise. La seule tentative couronnée de succès fut celle de George Bush qui proposa une sorte d'amnistie temporaire avec une taxe de 5,25 %, adoptée par le Congrès deux semaines avant les élections de 2004. Séduites, les entreprises renvoyèrent quelque 312 milliards de dollars aux Etats-Unis, soit 65 % de plus que ce qui avait été anticipé.

Hausse probable de rachats d'actions en 2017

Mais le résultat ne fut pas celui attendu : alors que la loi spécifiait que les fonds rapatriés devaient être fléchés vers des créations d'emplois et des dépenses en R&D, plutôt que vers des rachats d'actions ou des rémunérations de dirigeants, le gros des sommes fut distribué aux actionnaires sous forme de rachats d'actions et de dividendes. Au final, très peu de créations d'emplois furent attribuées à cette opération.

C'est aujourd'hui la principale difficulté à laquelle risque de se heurter la prochaine administration. Les analystes, qui tablent sur une réforme fiscale dès l'an prochain, anticipent déjà un boom des rachats d'actions en 2017. Ceux de Goldman Sachs parient sur le rapatriement de quelque 200 milliards de dollars, dont 150 serviraient à des rachats d'actions. De fait, les multinationales américaines n'ont pas réellement besoin d'argent. « La plupart des grandes entreprises ont déjà de larges réserves de cash aux Etats-Unis, et empruntent à des taux historiquement bas », rappellent les analystes de Capital Economics.

 

 

SOURCE : Les Echos 11.12.2016




12/12/2016
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