LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

CE QUE CONTIENT LE RAPPORT DE 35 PAGES QUI ACCABLE DONALD TRUMP

Une série de notes rédigées par un ancien agent du contre-espionnage britannique détaille le chantage exercé par la Russie sur le président américain élu.

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A quelques heures de sa toute première conférence de presse en tant que nouveau président américain, Donald Trump se voit accablé par un rapport de 35 pages. Celui-ci détaille le "programme Trump", qu'aurait mis en place par le Kremlin ces dernières années, pour obtenir des éléments compromettants sur le millionnaire élu président des Etats-Unis, afin de le faire chanter notamment sur la base d'une sextape.
Composé d'une série de notes datées de juin à décembre 2016, le rapport aurait été rédigé par un ancien agent des services secrets britanniques pour le compte d'opposants politiques à Donald Trump.
Plusieurs médias américains soulignent qu'il est jugé crédible par le renseignement américain, dont CNN et le "New York Times" qui rapportent que les chefs du renseignement ont présenté un résumé du rapport à Donald Trump, mais aussi au président sortant Barack Obama et à plusieurs responsables du Congrès.
L'intéressé a rejeté en bloc sur Twitter ce rapport, criant aux "fausses informations" et à "une chasse aux sorcières totale !" Le site Buzzfeed a publié l'intégralité des 35 pages du rapport, mardi, précisant qu'il n'est pas en mesure de l'authentifier. Le contenu n'a pas non plus été certifié par des sources officielles.
Pour mieux comprendre de quoi il s'agit, "l'Obs" s'est plongé dans les 35 pages du rapport.

Une sextape captée à Moscou

 

Une première note, datée du 20 juin 2016, se penche sur "les activités de Donald Trump en Russie et les relations compromises avec le Kremlin". Celle-ci détaille ainsi comment "le régime russe a cultivé, appuyé et assisté [Donald] Trump depuis au moins cinq ans."
Sur la base du témoignage d'un haut officier des services de renseignement russes toujours actif au sein du Kremlin, la note affirme que "cette opération Trump a été soutenue et dirigée par le président russe Vladimir Poutine. Son objectif était de semer la discorde et la désunion à la fois aux Etats-Unis, mais plus spécialement dans l'alliance transatlantique [l'Otan, NDLR] perçue comme hostile aux intérêts russes."
Pour ce faire, le texte raconte comment "les obsessions personnelles et les perversions sexuelles de Trump" ont été exploitées par les services secrets russes afin d'obtenir des "kompromat" (des dossiers compromettants). L'obtention d'une sextape est notamment détaillée :
"Selon un associé de Trump qui a organisé et géré ses voyages récents à Moscou et qui était présent, la conduite (perverse) de Trump à Moscou l'a amené à réserver la suite présidentielle de l'hôtel Ritz Carlton, où il savait que le président Obama et sa femme (qu'il déteste) avaient séjourné lors de l'un de leurs voyages officiels en Russie, afin de souiller le lit où ils avaient dormi en employant un certain nombre de prostituées pour effectuer des 'golden showers' [ondinisme, NDLR] devant lui.

L'hôtel était connu comme étant sous le contrôle du FSB avec des microphones et des caméras cachées dans toutes les chambres principales afin d'enregistrer tout ce qu'ils veulent."
La note poursuit, en affirmant que "l'épisode au Ritz Carlton de Moscou a été confirmé par une source E [dont la désignation a été masquée, NDLR], qui a affirmé que plusieurs membres du personnel étaient au courant [lorsque] c'est arrivé en 2013". Une membre du personnel de l'hôtel d'alors aurait également confirmé l'histoire.

Mise en place de chantages

 

La note de juin 2016 va plus loin que la sextape, affirmant que les éléments compromettants collectés par les services secrets russes servent depuis à "faire chanter" Donald Trump.
Sur la base d'un témoignage d'un officier des services de renseignement russes, le FSB "a fourni aux autorités suffisamment de matériel embarrassant sur le candidat républicain à la présidentielle qu'elles peuvent le faire chanter si elles le souhaitent."

Remise d'un dossier sur Hillary Clinton

 

La note relève aussi que, selon un membre du ministère russe des Affaires étrangères, "le Kremlin a alimenté l'équipe de Trump de renseignements sur ses opposants, notamment la candidate démocrate à la présidentielle américaine Hillary Clinton".
Samedi 7 janvier, Donald Trump a rencontré les chefs du renseignement américain et a admis des piratages contre le parti démocrate durant la campagne présidentielle. En revanche, il a rejeté la thèse démocrate d'une ingérence russe à son profit : "Le président russe Vladimir Poutine a ordonné une campagne d'influence" visant à favoriser l'élection de Trump et à discréditer la campagne électorale d'Hillary Clinton, avait conclu un rapport du renseignement américain, sur la base d'informations recueillies par le FBI, la CIA et la NSA.
Le rapport de l'ex-agent britannique enfonce le clou, assurant :
"Un dossier de matériel compromettant sur Hillary Clinton a été colligé par les services secrets russes durant de nombreuses années, principalement à travers des mises sur écoute lors de ses différentes visites en Russie et des appels téléphoniques interceptés [...] Le dossier est sous le contrôle du porte-parole du Kremlin, [Dimitri] Peskov, répondant directement à [Vladimir] Poutine."

Moscou derrière le piratage des démocrates

 

Une autre note, datée de juillet 2016, pointe également que, selon la mystérieuse source E, "le régime russe est derrière la récente diffusion d'e-mails embarrassants, émanant du Democratic National Committee (DNC), sur la plateforme WikiLeaks".
La campagne présidentielle américaine a été perturbée par la publication d'e-mails confidentiels d'Hillary Clinton piratés par un hacker prénommé "Guccifer", puis par la publication sur WikiLeaks de près de 20.000 e-mails piratés des comptes de sept responsables du parti démocrate, vraisemblablement par des hackers russes. Des messages internes qui montraient surtout un parti pris en faveur d'Hillary Clinton à la tête des démocrates, ce que Bernie Sanders et ses partisans n'avaient cessé de dénoncer.
A la fin décembre, Barack Obama avait pris une série de mesures en représailles à cette ingérence de Moscou dans l'élection présidentielle américaine, dont l'expulsion de 35 diplomates considérés comme des agents des services de renseignement russes. Si le Kremlin a rejeté en bloc ces accusations "absolument infondées", le président russe n'a pas souhaité répondre aux sanctions de Washington.
La note de juillet souligne que toute cette opération de piratage du camp démocrate "a été portée à la connaissance complète et soutenue par [Donald] Trump et les membres de son équipe de campagne". Le texte poursuit :
"En échange, l'équipe de Trump a été d'accord pour mettre sur la touche l'intervention russe en Ukraine dans ses thèmes de campagne, et de plaider pour une augmentation des comités de défense américains et de l'Otan dans les pays baltes et en Europe de l'Est afin de détourner l'attention de l'Ukraine."

Manœuvres politiciennes pour la réélection de Poutine

 

Le rôle de la Russie dans l'élection de Donald Trump, tel que le dénonce Hillary Clinton, serait avéré, selon le rapport. Une note, datée du 10 août 2016, précise que Sergueï Ivanov, alors chef de l'administration présidentielle russe, a demandé à "cibler les jeunes Américains éduqués [...] afin de les persuader de voter pour le candidat républicain Donald Trump, tel un vote protestataire contre l'establishment de Washington".
L'objectif étant d'affaiblir Hillary Clinton, même si elle était élue, puisqu'elle aurait dû "travailler à la réconciliation des Etats-Unis, plutôt que de se concentrer sur une politique étrangère qui aurait des effets dommageables sur les intérêts russes". Le texte ajoute :
"Cela devrait aussi donner plus de marge de manœuvre au président Poutine afin de susciter un élan pour l'élection présidentielle russe de 2018."

Accords immobiliers en Russie

 

La note de juin 2016 prend aussi soin de souligner que Donald Trump a bénéficié de cette attention de la Russie. En effet, l'opération du Kremlin aurait également "compris des offres lucratives [faites à Donald Trump] de développement d'accords économiques en Russie, en particulier en lien avec la Coupe du monde de football 2018".
Le texte précise néanmoins que, "jusqu'ici, pour des raisons inconnues, Trump n'a pas encore accepté".
La note de juillet 2016 précise de son côté que Donald Trump a tenté à plusieurs reprises d'investir en Russie, en particulier à Saint-Pétersbourg et Moscou, mais "finalement Trump a préféré se concentrer sur son usage intensif des services sexuels des prostituées locales plutôt que sur des accords économiques". Des jeux sexuels relatés en Russie dans plusieurs notes, dont une datée du 14 septembre 2016 qui précise :

"Trump a participé à des orgies [à Saint-Pétersbourg], mais tous les témoins récents sont 'silencieux', ayant reçu des pots-de-vin ou subi des pressions pour disparaître."

Enfin, l'attention des médias et des démocrates sur la proximité russe du candidat républicain aurait été une manœuvre électorale afin de "détourner l'attention des accords économiques de Trump en Chine et dans les pays émergents [...] où d'énormes pots-de-vin ont été versés".

 

 

 

SOURCE : L'OBS 11.01.2017

 

 

 

 

 

 



12/01/2017
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