LES 4 VÉRITÉS DE BRANE

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#PenelopeGate VU DE SUISSE (TRIB. DE GENÈVE) : "C'EST COMME SI UN CANDIDAT D'ORDRE MORAL ÉTAIT SUPRIS EN PARTOUZE"

Affaire Fillon, népotisme et rupture d’image

FranceDepuis toujours, les élus français font travailler leurs proches. Les opinions s’en accommodent s’il y a compétence et travail. Analyse d'un mal français.

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«C’est comme si un candidat qui s’est construit sur un programme d’ordre moral était surpris en pleine partouze SM!» Dans l’affaire de l’emploi présumé fictif de l’épouse de François Fillon, le politologue Thomas Guénolé tient à insister sur le processus de la rupture d’image. Bien davantage que sur le processus judiciaire. Y a-t-il eu emploi fictif ou non?
La justice est à l’œuvre, mais elle rendra ses conclusions trop tard pour qu’elles interfèrent avec la présidentielle. Il n’empêche que le candidat de la droite, en chute dans les sondages et qui a lui-même évoqué un désistement en cas de mise en examen, laissera les Républicains dans une drôle de situation à moins de 100 jours de la présidentielle. En effet, il n’y aurait pas de plan B.
Le «Penelopegate» vient à point pour rappeler de précédentes affaires de népotisme à la française. En effet, cette pratique de placer des proches à des postes à responsabilité et parfois surprenants n’est pas nouvelle. Et elle a parfois été tolérée, ou du moins n’a suscité que de l’indifférence de la part de l’opinion publique.

Fillon et l'image de probité

«Les Français n’ont jamais espéré ni attendu de la probité ni de l’honnêteté de la part de Jacques Chirac. Il s’était construit une image politique sur d’autres compétences», met en exergue le politologue. D’ailleurs, les cas Nicolas Sarkozy en témoignent. «Sa deuxième épouse, Cécilia, était réellement la partenaire de la trajectoire politique de son mari. De l’avis de tous, elle travaillait, et plutôt très bien», met en perspective Thomas Guénolé. Il n’y avait pas de problème, car ce n’était pas un emploi fictif.
En revanche, lorsque Nicolas Sarkozy a tenté, en 2009, de faire nommer son fils Jean – étudiant en Droit – à la tête du centre d’affaires EPAD (établissement public pour l’aménagement de la défense), la levée de boucliers a été violente. «Il n’avait ni l’expérience, ni la compétence, ni la maturité pour un tel poste. Nicolas Sarkozy était en contradiction avec son discours sur la valeur travail et la méritocratie», met en exergue le politologue.
Ces dernières décennies, de nombreux cas viennent corroborer cette hypothèse que la cohérence l’emporte sur l’éthique. Claude Chirac, fille de Jacques, était conseillère de son père à l’Elysée. Ses compétences étaient reconnues. Au contraire, la nomination de «papa-m’a-dit», Jean-Christophe Mitterrand, au poste de conseiller pour les affaires africaines à l’Elysée en 1983, fut problématique. D’autant que l’aîné de François Mitterrand se trouva mêlé à des affaires de trafic d’armes et d’abus de biens sociaux.

La haute autorité travaille

«Il ne faut pas exagérer le phénomène. A l’assemblée, sur 2200 collaborateurs parlementaires, seuls 102 ont un lien familial avec le député (ndlr: sur 577) qui les a recrutés», explique René Dosière. Le député socialiste de l’Aisne passe au peigne fin, depuis des décennies, les dépenses publiques. «Pour l’instant, il n’y a rien d’illégal dans l’affaire Fillon. Reste le trouble des montants versés à son épouse…»
«J’ajoute que curieusement, alors que la transparence progresse en France avec la Haute autorité de la vie publique mise en place par François Hollande, l’opinion publique tolère de moins en moins les abus. On espère aussi que le FN, qui lui a manifestement mis en place un système organisé, sera sanctionné par ses électeurs», avance René Dosière. (TDG)

 

SOURCE : La Tribune de Genève 27.01.2017



28/01/2017
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